Combien faut-il pour la retraite au Québec? Commencez par vos dépenses

Combien faut-il avoir pour prendre sa retraite? La question est légitime, mais elle commence souvent par le mauvais chiffre. Un capital de 500 000 $, 1 million ou 2 millions ne dit presque rien sans connaître la vie que ce capital doit soutenir.
Je préfère commencer par une question plus humaine : combien coûtera la vie que vous souhaitez réellement vivre? Ensuite seulement, nous pouvons relier les dépenses aux revenus publics, aux régimes de retraite, à l’épargne et au temps.
Cette logique rejoint La Route de la Prospérité™ : les intentions viennent avant les produits et avant le chiffre final.
Le pourcentage de remplacement est un repère, pas une réponse
Retraite Québec indique qu’un remplacement de 60 % à 80 % du revenu brut peut servir de point de départ pour maintenir un niveau de vie semblable. Cette fourchette demeure une règle générale. Elle ne connaît ni votre maison, ni vos voyages, ni votre santé, ni les personnes que vous souhaitez aider.
Deux ménages ayant le même revenu de travail peuvent avoir des besoins de retraite très différents. L’un rembourse encore une hypothèque et voyage beaucoup. L’autre possède sa résidence sans dette, mais prévoit soutenir un proche. Le revenu actuel ne suffit donc pas à définir le besoin futur.
Commencer par le coût de la vie souhaitée
Un budget de retraite utile sépare les dépenses selon leur fonction. Cette distinction rend les ajustements plus clairs si la réalité change.
Les dépenses essentielles : logement, alimentation, transport, assurances, santé et impôts.
Les dépenses de qualité de vie : restaurants, loisirs, voyages, cadeaux et activités familiales.
Les projets ponctuels : rénovation, véhicule, grand voyage, aide aux enfants ou achat d’une résidence secondaire.
La marge de sécurité : imprévus, entretien important, soins futurs et inflation plus élevée que prévu.
Certaines dépenses diminuent à la retraite, comme les cotisations liées au salaire ou l’épargne régulière. D’autres augmentent, particulièrement les loisirs au début de la retraite et parfois les soins ou l’aide à domicile plus tard.
Le besoin n’est pas identique chaque année
Une retraite peut comporter plusieurs phases. Les premières années sont parfois plus actives et coûteuses. Une période plus calme peut suivre. Les dépenses de santé ou de soutien peuvent ensuite prendre plus de place.
Je trouve donc plus utile de bâtir un calendrier de dépenses que d’appliquer le même montant pendant trente ans. Les projets connus devraient être inscrits à l’année où ils pourraient survenir, puis ajustés pour l’inflation.
Un plan de décaissement transforme ensuite cette estimation en revenu mensuel et organise les retraits dans le temps.
Soustraire les revenus qui ne dépendent pas du portefeuille
Après avoir estimé les dépenses, il faut inventorier les revenus disponibles : RRQ, Sécurité de la vieillesse, régime de retraite d’employeur, rente viagère, travail à temps partiel et autres revenus prévisibles.
Le manque à gagner entre ces revenus et le budget doit être financé par l’épargne. Ce manque peut changer lorsque les rentes publiques commencent ou lorsqu’une dépense importante prend fin.
Le choix de l’âge de la rente du RRQ mérite donc d’être analysé avec tout le plan, pas isolément.
Exemple hypothétique
Supposons, à titre purement hypothétique, qu’un couple vise 72 000 $ nets par année au début de la retraite. Il prévoit aussi un voyage de 20 000 $ tous les deux ans pendant six ans. Ses revenus garantis commenceront à des âges différents.
Un calcul fondé uniquement sur 72 000 $ manquerait les voyages, le décalage des rentes et l’impôt sur les retraits. Une projection par année permettrait plutôt d’identifier les périodes plus exigeantes et de réserver les liquidités nécessaires.
Transformer le revenu annuel en capital
Le capital nécessaire dépend ensuite de plusieurs hypothèses : âge de retraite, durée du plan, inflation, rendement net de frais, fiscalité, ordre des retraits et valeur des actifs non financiers.
Un taux de retrait universel ne peut pas remplacer cette analyse. Un même retrait initial peut être prudent pour une personne disposant d’une pension importante et fragile pour une autre qui dépend presque entièrement des marchés.
C’est pourquoi je recommande de tester plusieurs scénarios financiers plutôt que de présenter un seul avenir comme certain.
Les questions qui améliorent le calcul
Quel niveau de vie voulons-nous protéger en priorité?
Quelles dépenses pourraient être réduites temporairement après une baisse des marchés?
Quels projets ont une date et lesquels restent optionnels?
Quel revenu est garanti et quel revenu dépend du portefeuille?
Combien faut-il garder disponible pour les premières années?
Que se passe-t-il si la retraite dure plus longtemps que prévu?
À retenir
Le bon chiffre de retraite n’est pas un montant choisi dans une comparaison sociale. C’est le capital compatible avec vos dépenses, vos revenus, vos projets et une marge de sécurité raisonnable.
L’objectif n’est pas de tout prévoir parfaitement. Il est de savoir quelles décisions soutiennent la liberté, la famille, le sens et la tranquillité d’esprit, puis de réviser le plan lorsque la vie change.
Pour établir votre besoin à partir de vos propres intentions, vous pouvez communiquer avec Financière 360.
Sources et limites
Retraite Québec explique comment estimer les revenus nécessaires à la retraite et recommande de commencer par un budget réaliste.
Retraite Québec présente aussi les étapes d’un plan de décaissement. Cet article est éducatif. Les montants et hypothèses doivent être adaptés à votre situation.
Paul Constantinescu, Pl. Fin.

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