Diversification des placements : plusieurs fonds, les mêmes risques?

Par Paul Constantinescu, Pl. Fin.
Avoir plusieurs lignes sur un relevé peut donner une impression de sécurité. Pourtant, cinq fonds ne représentent pas nécessairement cinq sources de diversification. La question utile est simple : qu’est-ce que je détiens réellement derrière ces noms?
Dans l’esprit de la Science de l’investissement, ou Science of Investing (SOI), je préfère rendre une décision compréhensible avant de la rendre plus complexe. Cela commence par regarder le contenu du portefeuille plutôt que le nombre de produits.
La diversification concerne les expositions, pas seulement les étiquettes
La diversification cherche à limiter les risques en répartissant les placements entre des éléments qui ne réagissent pas tous de la même manière. Les entreprises, secteurs, régions et catégories d’actifs constituent des angles d’analyse possibles. Elle ne garantit ni rendement positif ni protection contre toutes les pertes.
Deux fonds portant des noms différents peuvent détenir les mêmes entreprises. Additionner les produits ne suffit donc pas à mesurer l’exposition totale à une société. Il faut traverser chaque fonds, examiner ses positions et tenir compte de son poids dans le portefeuille.
Un exemple hypothétique pour voir le chevauchement
Supposons un portefeuille de 100 000 $, réparti également entre deux fonds fictifs. Le fonds A détient 10 % de son actif dans la société fictive X. Le fonds B en détient 8 %. Aucun de ces fonds ni de ces pourcentages ne désigne un produit réel.
Dans le fonds A, l’exposition à X est de 50 000 $ × 10 %, soit 5 000 $. Dans le fonds B, elle est de 50 000 $ × 8 %, soit 4 000 $. L’exposition totale est donc de 9 000 $, ou 9 % du portefeuille. Elle n’est ni de 18 % ni de 4,5 %.
Ce calcul décrit une photographie des positions, pas une prévision de rendement. Il illustre aussi pourquoi lire les pourcentages séparément peut induire en erreur.
Une fiche de lecture à préparer avant votre rencontre
Pour chaque fonds, notez sa valeur dans votre portefeuille, son objectif, ses principales positions et la date des données consultées. Ajoutez les répartitions géographique, sectorielle et par catégorie d’actifs lorsqu’elles sont disponibles dans les documents officiels du fonds.
Rassemblez ensuite trois questions. Quels titres reviennent dans plusieurs fonds? Quelles expositions dominent l’ensemble? Qu’est-ce que chaque fonds ajoute que les autres n’apportent pas déjà? Les principales positions donnent un premier aperçu, mais une analyse complète peut nécessiter des données plus détaillées.
Je suggère de demander une explication que vous pourriez reformuler sans jargon. Par exemple : « Ce placement ajoute cette exposition, avec ces risques et ce coût. » Si le rôle demeure flou, la prochaine étape est de comprendre, pas d’ajouter automatiquement un autre produit.
Un chevauchement n’impose pas une vente
Un doublon peut être volontaire. L’objectif n’est pas d’éliminer chaque titre répété, mais de savoir si l’ensemble correspond au plan. Avant de modifier quoi que ce soit, faites examiner les frais, la fiscalité éventuelle et l’effet sur la répartition recherchée.
Le relevé idéal n’est pas forcément celui qui contient le moins de lignes. C’est celui dont vous comprenez la logique et les compromis. Pour moi, cette clarté soutient une décision disciplinée et laisse davantage de place à ce qui compte en dehors des marchés.
Contenu éducatif. Source consultée le 7 septembre 2026. L’exemple est fictif et ne constitue ni une recommandation de portefeuille ni une prévision. La pertinence d’un placement dépend de votre situation.

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