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Échelle de CPG : organiser ses échéances sans tout immobiliser

Photo du rédacteur: Paul Constantinescu
Paul Constantinescu
il y a 6 jours
5 min de lecture

Une échelle de certificats de placement garanti, ou CPG, consiste à répartir une somme entre plusieurs échéances plutôt que de tout immobiliser jusqu’à la même date. Une partie arrive à terme chaque année ou à chaque intervalle choisi. Cette structure peut être utile pour une réserve de dépenses connues, une transition vers la retraite ou un projet dont le calendrier s’étale. Elle ne transforme toutefois pas un CPG en placement parfaitement liquide et elle ne garantit pas que le pouvoir d’achat sera préservé.


J’aime penser à l’échelle de CPG comme à un calendrier financier. Chaque échéance devrait correspondre à un besoin possible, pas seulement au taux affiché. La meilleure structure n’est donc pas celle qui promet le taux le plus élevé aujourd’hui. C’est celle qui permet de financer la vie prévue sans vendre un actif au mauvais moment.


Comment fonctionne une échelle


Supposons qu’une personne veuille placer 50 000 $ destinés à des dépenses réparties sur cinq ans. Elle pourrait, à titre hypothétique, acheter cinq CPG de 10 000 $ venant à échéance dans un, deux, trois, quatre et cinq ans. À chaque échéance, elle utilise la somme si le besoin est arrivé. Sinon, elle peut la replacer à une nouvelle échéance selon le plan du moment.


Cette méthode réduit le risque de bloquer toute la somme pour une seule durée. Elle répartit aussi les décisions de renouvellement dans le temps. Elle ne permet pas de connaître à l’avance les taux futurs. Une échéance renouvelée dans un contexte de taux plus bas rapportera moins. C’est le risque de réinvestissement, déjà présent même si le capital initial est garanti.


Le taux ne suffit pas pour comparer


Avant d’acheter un CPG, il faut lire les conditions. Certains sont encaissables, d’autres ne le sont pas. Un retrait avant l’échéance peut être impossible ou entraîner une pénalité. Le taux peut être fixe, variable ou lié à un indice. La fréquence de calcul et de versement des intérêts influence aussi le résultat. Enfin, le renouvellement automatique peut replacer la somme dans un produit qui ne correspond plus au besoin.


Pour les produits de 30 jours ou plus offerts par une banque sous réglementation fédérale, l’Agence de la consommation en matière financière du Canada indique que des rappels de renouvellement doivent généralement être envoyés 21 jours et 5 jours avant l’échéance, avec les taux, frais ou pénalités applicables après le renouvellement. Cela ne remplace pas votre propre calendrier. Une adresse courriel désuète ou un message ignoré peut suffire pour manquer une décision importante.


Liquidité, inflation et rendement réel


Le capital garanti ne signifie pas que la valeur économique est garantie. Si l’inflation dépasse le rendement après impôt, le pouvoir d’achat diminue. Dans un compte non enregistré, les intérêts sont généralement imposables, ce qui peut réduire davantage le rendement réel. Le type de compte, le taux marginal d’imposition et l’objectif doivent donc être considérés ensemble.


Une échelle de CPG ne remplace pas un fonds d’urgence accessible. Une dépense imprévue peut survenir avant la prochaine échéance. Je distingue donc habituellement la liquidité immédiate, les besoins datés à court terme et le capital destiné au long terme. Les trois n’ont pas la même mission.


Vérifier la protection des dépôts


La Société d’assurance-dépôts du Canada indique que les CPG et autres dépôts à terme peuvent être assurables lorsqu’ils sont détenus auprès d’une institution membre. La protection va jusqu’à 100 000 $ par catégorie d’assurance, par institution membre, en incluant le capital et les intérêts courus. Les catégories comprennent notamment les dépôts détenus en nom propre, en commun, dans un REER, un FERR, un CELI, un REEI, un REEE ou un CELIAPP, ainsi que certains dépôts en fiducie.


Il ne faut pas supposer qu’un produit est couvert uniquement parce qu’il a été acheté dans une institution connue. Les fonds communs, actions, obligations, FNB et cryptomonnaies ne sont pas des dépôts assurables par la SADC. Il faut vérifier que l’institution est membre, que le produit est un dépôt admissible et que le total de la catégorie ne dépasse pas la limite en tenant compte des intérêts courus. Les régimes québécois peuvent aussi relever d’un autre régime d’assurance-dépôts selon l’institution.


Un exemple hypothétique à la retraite


Imaginons Karim, nouvellement retraité. Il prévoit remplacer sa toiture dans deux ans, aider un enfant dans trois ans et garder une réserve pour ses retraits mensuels. Plutôt que de placer toute la somme dans un CPG de cinq ans, il conserve une portion très liquide, affecte une échéance de deux ans à la toiture et une échéance de trois ans au soutien familial. Le reste de son portefeuille demeure orienté vers ses besoins à plus long terme selon sa tolérance et sa capacité de risque.


L’échelle n’est pas une stratégie de rendement maximal. Elle sert à réduire le décalage entre le moment où l’argent devient disponible et le moment où il pourrait être utilisé. Si le projet de toiture est avancé, Karim sait toutefois qu’un CPG non encaissable pourrait ne pas être accessible. Son fonds liquide demeure donc indispensable.


Les questions à poser avant de bâtir l’échelle


  • À quelles dates précises ou approximatives l’argent pourrait-il être nécessaire?

  • Quelle somme doit rester accessible sans pénalité?

  • Le CPG est-il encaissable, rachetable ou strictement immobilisé?

  • Que se passe-t-il au renouvellement et peut-on désactiver le renouvellement automatique?

  • Quel sera le rendement après impôt et après inflation?

  • L’institution et le produit sont-ils admissibles à l’assurance-dépôts?

  • Le total par catégorie et par institution respecte-t-il la limite de protection?


La place de l’échelle dans la Science de l’investissement


La Science de l’investissement ne consiste pas à chercher un produit gagnant. Elle vise des décisions compréhensibles, disciplinées et reliées aux objectifs. Une échelle de CPG peut jouer un rôle précis dans cette architecture, notamment pour des besoins à court terme. Elle devient moins appropriée si elle immobilise l’argent nécessaire, concentre trop de dépôts dans une même catégorie ou empêche le portefeuille de soutenir des objectifs à long terme.


Dans un plan de décaissement, les échéances peuvent être coordonnées avec les retraits prévus, les rentes et les dépenses importantes. La structure doit rester révisable. Les projets changent, les taux changent et la santé peut modifier le besoin de liquidité.


Sources officielles consultées


L’Agence de la consommation en matière financière du Canada décrit les caractéristiques générales des CPG et leurs contraintes de liquidité. Les règles de rappel avant renouvellement figurent dans son cadre de protection des consommateurs. La Société d’assurance-dépôts du Canada précise les produits assurables, les catégories et la limite de protection.


Ce contenu est éducatif et général. Les taux, modalités, incidences fiscales et régimes d’assurance-dépôts varient selon le produit, l’institution et le compte. Il faut vérifier les documents contractuels et la situation personnelle avant d’agir.


Paul Constantinescu, Pl. Fin. Pour mieux connaître mon approche.


 
 
 

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