Rembourser ses dettes : méthode avalanche ou boule de neige?

Lorsqu’il y a plusieurs dettes, la question n’est pas seulement combien rembourser. Il faut aussi décider où envoyer chaque dollar supplémentaire. Deux méthodes sont souvent proposées : l’avalanche, qui cible le taux d’intérêt le plus élevé, et la boule de neige, qui cible le plus petit solde.
L’une cherche d’abord l’efficacité mathématique. L’autre cherche d’abord un progrès visible. Les deux peuvent fonctionner si le plan respecte le budget, maintient les paiements minimums et évite de recréer les soldes remboursés.
Avant la méthode, dresser la carte des dettes
L’Agence de la consommation en matière financière du Canada recommande de noter, pour chaque dette, le montant total dû, le paiement minimum et le taux d’intérêt. J’ajouterais la date de paiement, le type de taux, les frais, les pénalités et la possibilité de rembourser plus vite.
Les comptes en souffrance demandent une attention particulière. L’ACFC suggère d’envisager de les régler avant d’appliquer une méthode d’ordre, puisque les retards peuvent entraîner des frais, nuire au dossier de crédit et mener au recouvrement.
Méthode avalanche : attaquer le taux le plus élevé
Avec l’avalanche, vous effectuez les paiements minimums sur toutes les dettes et dirigez chaque dollar supplémentaire vers celle dont le taux est le plus élevé. Une fois cette dette remboursée, son paiement et le montant supplémentaire passent à la dette suivante selon le taux.
À paiements et comportements comparables, cette méthode réduit généralement le coût d’intérêt. L’ACFC indique que rembourser les dettes aux taux les plus élevés en premier aide à payer moins d’intérêts et à se libérer plus rapidement de ses dettes.
Son défi est psychologique. La dette la plus coûteuse peut aussi avoir un gros solde. Les premiers mois peuvent donner peu de victoires visibles, même si le coût total diminue. Il faut donc suivre autre chose que le nombre de comptes fermés, par exemple les intérêts évités et la baisse du solde ciblé.
Méthode boule de neige : fermer le plus petit solde
Avec la boule de neige, les paiements minimums continuent partout, mais l’effort supplémentaire va d’abord au plus petit solde. Une fois ce compte réglé, le paiement libéré s’ajoute à l’effort dirigé vers le prochain plus petit solde.
L’ACFC souligne que voir un progrès rapide peut aider à rester engagé, tout en prévenant que cette stratégie peut coûter plus cher au fil du temps. Elle échange donc une partie de l’efficacité financière contre une récompense plus rapide et une gestion simplifiée.
La méthode peut être utile lorsque plusieurs petits soldes créent de la confusion, des dates multiples et un sentiment d’échec. Fermer un ou deux comptes peut libérer de l’attention et renforcer l’habitude de paiement.
Exemple hypothétique : deux ordres différents
Imaginons trois dettes : une carte de 6 000 $ à 20 %, un prêt de 1 200 $ à 8 % et une marge de 12 000 $ à 7 %. Avec l’avalanche, l’effort supplémentaire cible la carte à 20 %. Avec la boule de neige, il cible d’abord le prêt de 1 200 $.
L’avalanche cherche à réduire le coût le plus élevé immédiatement. La boule de neige peut éliminer rapidement un paiement et donner une première victoire. La bonne comparaison doit utiliser les mêmes paiements minimums, le même montant mensuel total et une hypothèse réaliste sur la constance des paiements.
Cet exemple est hypothétique. Les taux peuvent varier, certains prêts imposent des conditions de remboursement et les frais peuvent changer l’ordre apparent.
Une méthode hybride peut être plus fidèle à la réalité
Le choix n’a pas besoin d’être idéologique. Une personne peut commencer par régler un très petit solde pour simplifier son budget, puis passer à l’avalanche pour les dettes restantes. Elle peut aussi garder l’avalanche tout en créant des jalons visibles à chaque tranche de 1 000 $ remboursée.
L’important est de décider la règle avant le prochain paiement supplémentaire. Sans règle, l’argent se disperse souvent entre les comptes selon l’émotion du moment, et aucun solde ne baisse assez vite pour créer un élan.
Protéger le plan contre les imprévus
Un calendrier trop agressif peut devenir fragile. L’ACFC rappelle qu’un échéancier plus court réduit les intérêts, mais augmente les paiements et peut devenir difficile à maintenir. Manquer des paiements parce que le plan était irréaliste peut nuire davantage que choisir un rythme légèrement plus long.
Conservez une petite réserve pour les imprévus essentiels. Sinon, une réparation ou une dépense de santé peut retourner sur la carte que vous venez de rembourser. Le fonds d’urgence et le remboursement des dettes ne sont pas toujours des objectifs concurrents : une réserve minimale peut protéger la stratégie.
Pour bâtir cette protection, consultez Reconstituer son fonds d’urgence après l’avoir utilisé.
Automatiser sans perdre la souplesse
Les paiements minimums devraient être automatisés lorsque la trésorerie le permet. Le paiement supplémentaire peut aussi être programmé juste après le dépôt de revenu. Une révision mensuelle permet ensuite de l’ajuster si le taux change, si une dette est refinancée ou si une dépense essentielle survient.
Lorsque les paiements minimums ne rentrent déjà plus dans le budget, la priorité n’est pas de perfectionner l’ordre. Il faut communiquer rapidement avec les créanciers et demander de l’aide. L’ACFC indique qu’un créancier peut parfois offrir un taux plus bas, un échéancier plus long ou une consolidation, mais un paiement plus faible peut augmenter le coût total.
Six règles pour que la méthode tienne
Mettre à jour le solde, le taux et le paiement minimum de chaque dette.
Régler les comptes en souffrance et protéger les paiements essentiels.
Choisir une seule dette cible tout en maintenant les minimums ailleurs.
Conserver une réserve minimale pour éviter un nouvel emprunt au premier imprévu.
Mesurer le progrès chaque mois avec le solde total et les intérêts payés.
Transférer immédiatement le paiement libéré vers la prochaine dette cible.
Choisir le plan que l’on peut habiter
Dans La Route de la Prospérité™, le remboursement des dettes n’est pas une punition. Il vise à récupérer de la liberté, réduire le stress et redonner un rôle choisi au revenu futur. Une méthode légèrement moins optimale sur papier peut être meilleure si elle est réellement maintenue.
Mais la motivation ne doit pas masquer le coût. Comparez les deux ordres, puis choisissez consciemment le compromis entre intérêts et victoires rapides. Reliez ensuite le plan à vos priorités financières et à votre marge de manœuvre financière.
La limite à garder en tête
Cet article est éducatif. Il ne remplace pas un plan d’insolvabilité, un avis juridique ni une recommandation de consolidation. Si vous manquez des paiements, utilisez du crédit pour payer les besoins essentiels ou recevez des avis de recouvrement, demandez rapidement l’aide d’un professionnel qualifié. Les informations de l’ACFC ont été vérifiées le 29 octobre 2026.
Paul Constantinescu, Pl. Fin. Pour connaître mon rôle et l’approche de Financière 360, consultez ma page professionnelle.

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