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Risque et rendement : jugez le portefeuille, pas son meilleur placement

Photo du rédacteur: Paul Constantinescu
Paul Constantinescu
10 oct.
3 min de lecture

Dans presque tous les portefeuilles diversifiés, un placement termine une période en tête et un autre en queue. C’est normal. Pourtant, notre attention se fixe facilement sur le gagnant : pourquoi ne pas en avoir acheté davantage? Cette question paraît logique après coup, mais elle peut détourner de la vraie tâche, qui est d’évaluer le portefeuille comme un système.

La Science de l’investissement ne consiste pas à trouver chaque futur gagnant. Elle consiste à prendre des décisions compréhensibles, diversifiées et cohérentes avec un objectif, puis à les maintenir avec discipline malgré l’incertitude.

Le meilleur placement raconte seulement une partie de l’histoire

Un titre ou une catégorie qui a beaucoup monté peut avoir apporté du rendement. Il peut aussi avoir ajouté une concentration importante ou une volatilité que l’on remarque peu lorsque les marchés sont favorables. À l’inverse, une composante plus stable peut sembler décevante précisément parce qu’elle remplit un rôle différent.

L’OCRI rappelle que risque et rendement sont liés. Une possibilité de rendement plus élevé vient avec une possibilité de perte plus élevée. L’organisme distingue aussi la tolérance au risque, soit le confort face à l’incertitude, et la capacité à prendre un risque financier sans compromettre sa vie.

Évaluer la contribution, pas seulement le classement

Chaque composante devrait avoir une fonction identifiable. Les actions peuvent soutenir la croissance à long terme. Les obligations peuvent contribuer à la stabilité et aux besoins de liquidité. Les placements internationaux peuvent réduire la dépendance à un seul marché. Les liquidités peuvent financer un projet rapproché sans forcer une vente au mauvais moment.

La bonne question n’est donc pas : quel placement a été le meilleur? Elle est : comment chaque composante a-t-elle contribué au rendement, au risque, à la diversification et à la possibilité de respecter le plan?

Exemple hypothétique : le gagnant peut devenir le risque principal

Supposons qu’une position qui représentait 8 % d’un portefeuille monte fortement et atteigne 18 %. Son rendement attire l’attention, mais le portefeuille dépend maintenant davantage d’une seule entreprise, d’un seul secteur ou d’un seul facteur de marché.

Vendre une partie pour rééquilibrer peut sembler contre-intuitif, car on réduit le placement qui vient de réussir. Pourtant, l’objectif du rééquilibrage n’est pas de punir un gagnant. Il est de ramener le risque vers le niveau choisi avant que les résultats soient connus. Les conséquences fiscales et les coûts de transaction doivent être considérés.

Une grille de lecture en cinq angles

1. L’objectif. Le portefeuille finance-t-il un projet précis, une retraite ou plusieurs horizons? Un rendement n’a de sens que par rapport au besoin qu’il sert.

2. Le risque. Quelle perte temporaire ou durable le portefeuille pourrait-il subir, et cette perte resterait-elle supportable financièrement et émotionnellement?

3. La diversification. Les composantes réagissent-elles toutes aux mêmes événements? Plusieurs lignes sur un relevé ne garantissent pas plusieurs sources de risque.

4. Les coûts et la fiscalité. Frais, impôt et transactions réduisent le rendement disponible pour vos projets. Ils doivent être observés sur l’ensemble.

5. Le comportement. Le portefeuille est-il assez compréhensible pour être maintenu pendant une période difficile? Une stratégie abandonnée au premier recul n’est pas réellement adaptée.

Comparer avec justesse

L’OCRI explique qu’un rendement doit être interprété avec son horizon, son risque, ses frais, l’inflation et un indice de référence pertinent. Comparer un portefeuille équilibré à un indice composé uniquement d’actions peut créer une conclusion trompeuse, car les deux ne poursuivent pas le même compromis entre croissance et stabilité.

Trois questions avant de modifier le portefeuille

Avant d’agir, demandez-vous : mon objectif ou mon horizon a-t-il changé? Ma capacité ou ma tolérance au risque a-t-elle changé? La composition s’est-elle éloignée de la politique convenue? Si la réponse est non aux trois questions, l’envie de poursuivre le dernier gagnant mérite probablement une pause.

Cette pause est une forme de discipline. Elle permet de distinguer une décision fondée sur le plan d’une réaction fondée sur le résultat récent.

Ce texte est éducatif et ne recommande aucun titre, fonds ou niveau de risque. Un portefeuille approprié dépend des objectifs, de l’horizon, des besoins de liquidité, de la situation fiscale et de la capacité réelle à supporter les pertes.

Paul Constantinescu, Pl. Fin.

 
 
 

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