REER, CELI ou non enregistré : quoi retirer en premier à la retraite?

À la retraite, la question « quoi retirer en premier? » semble appeler une réponse simple. REER d’abord, CELI à la fin, ou l’inverse. En réalité, un bon ordre de retrait dépend du revenu recherché, de la fiscalité de l’année, de la composition des comptes, des projets, du conjoint et de ce que l’on souhaite transmettre.
Je préfère parler d’une séquence annuelle de décaissement plutôt que d’un ordre fixé pour toute la retraite. Une stratégie utile peut combiner plusieurs sources et changer d’une année à l’autre.
REER et FERR: le retrait s’ajoute au revenu
L’Agence du revenu du Canada indique que l’impôt est généralement reporté tant que l’argent demeure dans le REER, puis qu’un montant reçu ou retiré est généralement imposable. Au Québec, Revenu Québec inclut notamment les revenus de REER et de FERR à la ligne correspondante de la déclaration.
La retenue effectuée au moment d’un retrait n’est qu’un acompte. Elle peut être différente de l’impôt final établi dans la déclaration. Il faut donc planifier le revenu imposable de l’année entière, pas seulement le montant net déposé dans le compte bancaire.
CELI: le retrait est généralement libre d’impôt
Le CELI permet généralement de retirer des sommes sans les inclure dans le revenu imposable. Un détail important: les droits correspondant au retrait reviennent seulement le 1er janvier de l’année suivante. Une nouvelle cotisation la même année exige donc des droits inutilisés suffisants, sinon une cotisation excédentaire peut survenir.
Cette flexibilité fait du CELI un outil précieux pour une dépense exceptionnelle ou pour limiter le revenu imposable d’une année. Cela ne signifie pas qu’il faut toujours le conserver jusqu’à la fin. Sa valeur dépend du projet qu’il doit soutenir.
Compte non enregistré: seul le retrait n’explique pas l’impôt
Dans un compte non enregistré, vendre un placement peut produire un gain ou une perte en capital. Revenu Québec rappelle que les gains et pertes résultant de la disposition de titres doivent être déclarés. Consultez les précisions sur la ligne 139. L’impôt ne porte donc pas automatiquement sur tout le montant encaissé. Le prix de base rajusté, les revenus déjà distribués et la nature des placements doivent être documentés.
Quatre questions pour établir la séquence
1. De combien avez-vous réellement besoin, net?
Commencez par le coût de la vie souhaitée, les dépenses irrégulières et la marge de sécurité. Notre article sur le budget de retraite fondé sur vos intentions aide à établir ce besoin avant de choisir les comptes.
2. Quel revenu imposable est déjà prévu?
Salaire partiel, rente, revenu d’entreprise, pension et retraits enregistrés peuvent se rencontrer la même année. Une projection fiscale fédérale et québécoise permet de comparer les scénarios. Elle doit être mise à jour lorsque les revenus ou les règles changent.
3. Quels comptes voulons-nous préserver, et pourquoi?
Conserver un compte n’est pas un objectif en soi. Un CELI peut servir de réserve flexible. Un compte non enregistré peut financer les dépenses courantes. Des retraits graduels d’un REER peuvent parfois lisser le revenu imposable. Le choix dépend aussi du conjoint, de la succession et des projets futurs.
4. Quelle souplesse faut-il garder?
Une rénovation, un voyage, un soutien à un proche ou une dépense de santé peuvent créer un besoin ponctuel. Garder plusieurs sources disponibles permet d’éviter qu’un seul compte porte tout le poids fiscal et financier d’une année.
Un exemple hypothétique
Imaginons une retraitée qui reçoit déjà une pension et prévoit une rénovation. Retirer toute la somme du REER pourrait concentrer davantage de revenu imposable dans la même année. Utiliser uniquement le CELI préserverait peut-être moins de flexibilité pour plus tard. Une combinaison entre un retrait enregistré planifié, des liquidités non enregistrées et une partie du CELI pourrait mieux répartir les effets. Les montants exacts exigeraient toutefois une projection personnalisée.
L’ordre se révise chaque année
Le bon décaissement relie fiscalité, placements, liquidités, projets et tranquillité d’esprit. Il doit aussi être coordonné avec le moment choisi pour les rentes publiques. Voyez notre article sur le choix de l’âge de la rente du RRQ.
Dans La Route de la Prospérité™, nous partons de la vie que l’argent doit soutenir. L’ordre des retraits devient alors un moyen de protéger la liberté de choix, pas une formule isolée. Pour examiner votre situation, vous pouvez nous joindre.
Ce texte est éducatif. Les conséquences fiscales et successorales varient selon la situation. Une coordination avec les professionnels appropriés est recommandée avant des retraits importants.

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