Convertir un REER en FERR : quand commencer et quoi planifier

Transformer un REER en FERR n’est pas seulement une formalité liée à l’âge. C’est le moment où une épargne accumulée devient une source de revenu. La bonne décision dépend donc du calendrier de retraite, des autres revenus, des besoins de liquidités et de la fiscalité du ménage.
Je préfère commencer par la vie que vous voulez financer. Le FERR est un contenant et un mécanisme de retrait. Il doit s’intégrer à un plan de décaissement plus large, pas fonctionner en vase clos.
Ce que l’ARC confirme
Selon la page de l’Agence du revenu du Canada sur le fonds enregistré de revenu de retraite, un FERR reçoit notamment des biens provenant d’un REER. Un paiement minimum doit commencer l’année suivant celle où le FERR est établi. Les revenus demeurent à l’abri de l’impôt dans le FERR, mais les montants versés sont imposables lorsqu’ils sont reçus.
Il est possible d’établir un FERR avant l’échéance obligatoire du REER. Cette flexibilité peut être utile, mais ouvrir plus tôt déclenche les retraits minimums à compter de l’année suivante. Ce choix doit donc être intentionnel.
Le retrait minimum commence l’année suivante
Il n’y a pas de retrait minimum obligatoire pendant l’année de création du FERR. Dès l’année suivante, l’émetteur calcule un minimum annuel selon l’âge au début de l’année et la valeur du fonds. Vous pouvez retirer davantage, mais pas moins que ce minimum.
L’ARC précise aussi, dans sa page sur le revenu provenant d’un FERR, qu’il est possible de choisir l’âge du conjoint ou conjoint de fait pour établir le minimum. Cette décision doit être examinée au moment de mettre le FERR en place.
Un FERR n’accepte plus de nouvelles cotisations
Une fois le FERR établi, il n’est plus possible d’y verser de nouvelles cotisations. Il peut donc être pertinent de vérifier les droits REER inutilisés, les revenus gagnés, les cotisations prévues et l’âge du conjoint avant de convertir la totalité du REER.
Le Québec impose aussi les sommes reçues
Revenu Québec indique que les sommes reçues d’un FERR, y compris d’un fonds de revenu viager, doivent être incluses à la ligne 122 de la déclaration de revenus du Québec. Les règles fédérales du régime et le traitement fiscal québécois doivent donc être coordonnés.
Une retenue d’impôt éventuelle n’est pas nécessairement l’impôt final. Le résultat réel dépend du revenu total de l’année, des crédits, des déductions et de la situation familiale. Une validation avec le fiscaliste ou le comptable est prudente avant un retrait important.
Cinq décisions à coordonner
• La date de conversion complète ou partielle du REER.
• Le montant réellement nécessaire pour financer le coût de vie, au-delà du minimum.
• La fréquence des versements : mensuelle, trimestrielle ou annuelle.
• Le choix d’utiliser votre âge ou celui du conjoint pour calculer le minimum, lorsque permis.
• La composition du portefeuille afin que les retraits ne forcent pas des ventes mal planifiées.
Exemple hypothétique
Une personne de 68 ans prend sa retraite et a besoin d’un complément de revenu dès maintenant. Elle pourrait convertir une partie de son REER en FERR pour organiser des versements, tout en conservant le reste dans le REER. Une autre personne du même âge, encore au travail et sans besoin de liquidités, pourrait préférer attendre. Le bon choix ne vient pas de l’âge seul, mais de l’ensemble du plan.
Préparer les liquidités avant le premier retrait
Un FERR peut contenir différents placements. Si tout est investi dans des actifs volatils et qu’un retrait arrive après une baisse des marchés, il peut être nécessaire de vendre au mauvais moment. Une réserve de liquidités ou une structure par horizons peut réduire ce risque, sans l’éliminer.
Notre article sur le plan de décaissement explique comment transformer les placements en revenu mensuel. Celui sur l’ordre des retraits entre REER, CELI et compte non enregistré montre pourquoi le FERR doit être coordonné avec les autres comptes.
Questions à poser avant de signer
• Quel revenu net voulons-nous financer, et pour quels projets?
• Quels autres revenus commenceront dans les prochaines années, comme la RRQ, la PSV ou une rente?
• Quel effet les retraits pourraient-ils avoir sur le revenu imposable et les prestations fondées sur le revenu?
• Avons-nous encore des cotisations REER à faire ou des droits inutilisés à examiner?
• Quelle portion du portefeuille doit rester disponible pour les retraits des prochaines années?
Une décision annuelle, pas seulement une conversion
Après l’ouverture du FERR, le travail continue. Il faut revoir chaque année le montant des retraits, la fiscalité, les placements, les besoins familiaux et les changements de vie. Un retrait minimum légal n’est pas automatiquement le montant optimal pour votre plan.
Pour intégrer le FERR à une projection de retraite et coordonner les professionnels concernés, vous pouvez nous joindre.
Ce contenu est éducatif et général. Il ne remplace pas une recommandation personnalisée ni un avis fiscal ou juridique. Les règles et leurs effets doivent être validés selon votre situation.

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