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Rendement nominal, réel et net : trois chiffres à ne pas confondre

Photo du rédacteur: Paul Constantinescu
Paul Constantinescu
il y a 3 jours
3 min de lecture

Un relevé peut afficher un rendement positif et pourtant laisser une impression étrange : votre portefeuille a grandi, mais votre argent ne semble pas acheter beaucoup plus. Cette différence vient souvent de trois mesures que l’on confond : le rendement nominal, le rendement réel et le rendement net.


La Science de l’investissement ne cherche pas seulement un chiffre attrayant. Elle cherche à comprendre ce que le rendement permet réellement d’accomplir, avec quel risque et après les coûts qui réduisent le résultat.


Le rendement nominal est le chiffre visible


Le rendement nominal mesure la variation de valeur avant de tenir compte de l’inflation. Si un placement passe de 100 000 $ à 106 000 $ en un an, sans dépôt ni retrait, son rendement nominal est de 6 % avant les frais et l’impôt.


Ce chiffre est utile, mais incomplet. Il ne dit pas comment le coût de la vie a changé pendant la même période.


Le rendement réel mesure le pouvoir d’achat


Le rendement réel ajuste le rendement nominal pour l’inflation. Une approximation courante consiste à soustraire le taux d’inflation du rendement nominal. Pour plus de précision, on compare le facteur de croissance du placement au facteur d’inflation.


Par exemple hypothétique, un rendement nominal de 6 % avec une inflation de 3 % donne un rendement réel approximatif de 3 %. Le calcul précis est légèrement inférieur, soit environ 2,91 %. Ce qui compte est l’idée : seule une partie du gain augmente réellement le pouvoir d’achat.


La Banque du Canada propose un calculateur d’inflation fondé sur l’indice des prix à la consommation de Statistique Canada pour comparer le coût d’un panier de biens et services dans le temps.


Le rendement net enlève les coûts pertinents


Le rendement net tient compte des frais de gestion, des frais de transaction et, selon le contexte, de l’impôt. Un placement qui affiche 6 % avant des frais de 1,5 % laisse environ 4,5 % avant impôt, sans tenir compte des effets de composition et des particularités du calcul.


La fiscalité dépend du type de revenu, du compte utilisé et de la situation de la personne. Un même rendement brut peut donc produire des résultats nets différents dans un CELI, un REER ou un compte non enregistré.


Exemple hypothétique complet


Supposons un portefeuille de 200 000 $ qui obtient 6 % avant les frais. Avec des frais totaux de 1 %, le rendement devient environ 5 % avant impôt. Si l’inflation est de 3 %, le rendement réel après les frais est d’environ 1,94 % selon le calcul composé.


Cela ne signifie pas que le portefeuille a échoué. Il a préservé le pouvoir d’achat et l’a légèrement augmenté. L’exemple montre pourquoi une différence apparemment petite entre les chiffres peut devenir importante sur plusieurs décennies.


Pourquoi le taux d’inflation personnel peut être différent


L’indice des prix à la consommation représente un panier moyen. Votre propre coût de vie peut évoluer autrement. Une famille avec de jeunes enfants, une personne retraitée, un locataire et un propriétaire ne dépensent pas dans les mêmes catégories.


Pour planifier, il est prudent de suivre les dépenses réelles et d’appliquer des hypothèses distinctes lorsque certains coûts, comme les soins, l’entretien d’une propriété ou les voyages, évoluent différemment.


Un rendement plus élevé n’est pas automatiquement meilleur


Chercher un rendement nominal plus élevé exige souvent d’accepter davantage de risque. La comparaison doit donc inclure la volatilité, les pertes possibles, l’horizon, la diversification et la capacité à rester investi.


Un portefeuille utile n’est pas celui qui gagne chaque comparaison annuelle. C’est celui dont le niveau de risque et les résultats nets restent cohérents avec les objectifs qu’il doit financer.



Quatre questions à poser devant un rendement


Demandez toujours : ce rendement est-il avant ou après les frais, inclut-il les distributions, couvre-t-il la même période et utilise-t-il la même méthode de calcul? Ajoutez ensuite une cinquième question : quel pouvoir d’achat reste-t-il après l’inflation?



Le bon résultat dépend du projet


Pour un fonds d’urgence, la stabilité et l’accès rapide à l’argent peuvent compter davantage qu’un rendement réel élevé. Pour une retraite dans vingt ans, le pouvoir d’achat à long terme devient central. Le même produit ne répond pas nécessairement aux deux besoins.


Ce texte est éducatif. Les rendements futurs, l’inflation et la fiscalité sont incertains. Une stratégie doit être adaptée à vos objectifs, à votre horizon et à votre capacité de prendre du risque.


Découvrez notre approche de la Science de l’investissement ou prendre rendez-vous.

 
 
 

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